La forêt est une vaste étendue sur laquelle on retrouve une grande quantité d’arbres, de plants, d’arbustes, de feuilles, de champignons, et d’animaux. Elle est caractérisée par un climat spécifique et peut contenir un étang, une crypte, une clairière, etc. Qu’elle soit vierge ou urbaine, elle constitue un véritable écosystème où les conditions de vie des espèces sont reliées par les actions de chacune d’entre elles et celles de l’homme sur elles. Nombreuses sont les traditions et civilisations qui ont considéré la forêt comme source de vie et comme mère nourricière de leur peuple. Aujourd’hui encore, il est possible de reconstruire ce concept à une échelle plus humaine. On parle alors de permaculture et l’objectif est la création d’une forêt comestible.

Permaculture et forêt comestible

La permaculture est un concept agricole qui découle du modèle d’agriculture japonaise. Proposée par l’agriculteur Masanabou Fukuoka, elle propose de recréer un écosystème en reproduisant la dynamique naturelle. Bien qu’existant en Asie depuis des décennies, il faut attendre des années pour que le système de culture enflamme le monde. De là se propage le modèle des forêts comestibles.

Forêt comestible

La forêt-jardin ou encore jardin-forêt répond à bien d’autres noms. Pour certains c’est la forêt nourricière, pour d’autres, elle répond au nom de forêt comestible ou de jardin-verger. L’expression est constituée des mots jardin et forêt. Le premier renvoie à un espace propre à chaque maison où le jardinier cultive un ensemble de plantes qui servent entre autres en cuisine, en phytothérapie ou en aromathérapie. Le jardin est par définition soigné et maintenu propre sous l’action humaine. Le deuxième mot, forêt, renvoie à un espace à l’origine sauvage. Il contribue aussi à nourrir l’espèce humaine. Ici cependant, il revient à chaque personne de déterminer l’utilité des produits de la forêt. On pourrait donc conclure que la forêt-jardin est une forme de jardin qui est construit en se basant sur le modèle de prolifération à l’intérieur des forêts. Ici les plants sont soigneusement sélectionnés. L’espace est arrangé de telle sorte que chaque niveau ait une utilité pour le propriétaire du jardin. Dans cette catégorie, la forêt comestible est conçue pour apporter des produits utilisables à tous les niveaux. Ainsi, ce qui apparaît comme un buisson de mauvaises herbes serait certainement des herbes aromatiques. Le bois pourra être utilisé pour la chauffe ou pour construire des meubles pendant que les déchets seront reconvertis en compost pour fertiliser le sol. À l’opposé du jardin traditionnel, la forêt comestible demande moins d’entretien avec le temps.

Où construire sa forêt comestible ?

La forêt comestible peut être construire en ville ou à la campagne. Vous disposez d’un terrain vide ou d’une arrière-cour large de quelques centaines de mètres carrés ? Cet espace suffit amplement pour commencer votre forêt. Vous pouvez également établir votre forêt comestible sur un terrain partagé ou sur un terrain communautaire. Plusieurs villes disposent d’un réseau de partage de jardins ou d’associations travaillants dans ce sens. S’il n’y en a pas proche de chez vous, pas de souci ! Prenez l’initiative. La contrainte majeure serait d’obtenir les autorisations des parties prenantes. Par ailleurs, il faudrait déterminer le mode de gestion et de distribution des tâches et avoirs en amont. Cette précaution vise à éviter tous conflits futurs. Pour ceux qui n’ont pas accès à un espace à même le sol, il reste possible d’installer une mini-forêt comestible sur le toit de votre maison. Ce projet reste tributaire des autorisations et de la réglementation sur la gestion urbaine de la maison.

De l’importance de l’observation

Il est important d’observer son terrain et de déterminer la nature de son espace. Sa capacité à absorber de l’eau, son exposition au soleil, le climat régional, la texture, le sens et la vitesse des vents, la morphologie et le pH du sol, sont autant de paramètres à prendre en compte afin de déterminer quelles sont les cultures les plus favorables pour ce terrain. Cette observation peut se faire sur une ou plus années afin de saisir les changements qui s’effectuent sur le terrain au fil des saisons. Vous pourrez par exemple décider de construire une haie pour contrer les vents forts et mieux contrôler la température à l’intérieur de votre forêt comestible.

Définir un plan pour la stratification

Le terrain a été étudié, des notes ont été prises. Il faut maintenant se décider sur les cultures à mettre en terre. Ici il existe plusieurs modèles de plantations. Le plus grand nombre d’entre eux font recours aux strates ou aux étages. Le modèle de Robert Hart qui est assez générique peut s’adapter aux petits et grands terrains. Notons toutefois que le nombre de strates à poser n’est pas fiché. Il change selon l’espace réservé.

Selon le modèle de Hart, le jardin peut contenir sept strates (la couche canopée, la strate arborée basse, la strate arbustive, la strate herbacée, la strate couvre-sol, la strate des tubercules, la strate des plantes grimpantes). Certaines écoles incluent une huitième strate réservée aux champignons. Cependant pour un terrain moyen ou pour le permaculteur débutant, notre recommandation serait d’établir un plan composé de trois à quatre strates. Une première strate serait composée d’arbres fruitiers la seconde composée d’arbustes fruitiers. La troisième abriterait les plantes vivaces et la dernière serait parsemée de couvre-sol, de plantes grimpantes et de champignons. Ici, il est capital de bien connaître les arbres et les plantes choisis.

Il faut éviter une interaction néfaste. Si tel arbre est reconnu pour attirer telle catégorie d’insectes, il ne faudrait pas que ces derniers soient nuisibles pour l’espèce de tomate plantée plus loin. Parmi les plantes choisies pour la forêt comestible, on retrouve le plus souvent des plantes qui fixent l’azote, celles qui attirent les insectes pollinisateurs et celles qui font remonter les minéraux du sous-sol. Les déchets des plantes sont recyclés pour servir de compost pour le sol.

Faire un plan

Avec ses connaissances de base, vous pouvez établir votre plan sur votre ordinateur ou sur un papier. Ceci vous permet de faire le point des activités et des besoins en ressources humaines, financières et matérielles. Vous pourrez ainsi élaborer votre budget préventif et retenir un mode de collecte des fonds. Ici il est possible de fonctionner sur fonds propres, sur fonds participatifs ou encore, si le projet est à but lucratif, de chercher à faire un prêt.

Opérationnaliser son projet de forêt comestible

La première étape de l’opérationnalisation du projet de construction d’une forêt comestible est : la préparation du terrain. Si certains sols sont très riches, il reste nécessaire pour la majorité d’enrichir le sol. Les principes de la permaculture préconisent de ne pas remuer le sol ou ajouter des engrais chimiques pour l’enrichir. Il faut donc pailler le terrain. Le principe est simple. Acheter de la paille, récupérer des feuilles mortes, du fumier, des cendres, de l’argile ou encore du broyat et en recouvrir le sol. Les matières déposées sur le terrain ne doivent pas être enterrées. Vous pouvez les humidifier pour faciliter leur décomposition.

L’installation des haies mentionnées plus haut va permettre de retenir l’eau dans le sol et de contenir les animaux qui œuvrent à l’amélioration de votre terrain. Les haies vont aussi protéger votre forêt des microbes disséminés par le vent. Ce principe est valable tout le long du maintien de la forêt comestible. Les feuilles, branches mortes et les déchets laissés par les animaux serviront à garder et renforcer la richesse du sol. Il ne faut donc rien jeter. Précisons toutefois que vous pouvez faire le choix de remuer le sol avec une aérobêche avant d’y ajouter les fertilisants biologiques.

La plantation des strates

La phase suivante est celle de la plantation. Ce n’est pas un processus linéaire. Vous pouvez faire le choix d’acheter les plants ou celui de récupérer des plants en forêt. Une autre option aurait été de produire vos plants vous-même dans une serre. Le plus souvent les arbres fruitiers sont les premiers à être plantés. Pour vos premiers, essais délimités des zones circulaires séparées de plus ou moins huit mètres. Planter les fruitiers dans chacune de ces zones. Les autres des strates seront développées autour de ces arbres. Il faut garder en idées que les strates arborescentes doivent offrir de l’ombre sans être une entrave au passage de la lumière du soleil. Ce principe vise à faciliter la photosynthèse. La lumière et l’ombre doivent donc bien être contrebalancées. Vous pouvez aussi planter les fruitiers à la lisière la plus riche du sol, toujours dans le but de contrôler la couverture de l’ombre et de concevoir la canopée. Après avoir planté les fruitiers vous avez le choix de planter de plantes vivaces ou des arbustes. Si vous optez pour les zones rondes (mandala), vous pouvez intercaler la plantation des strates par zone.

Bon à savoir

  • L’installation d’une forêt comestible est un travail de longue haleine. Il nécessite la maîtrise des principes de base de la botanique, du jardinage et de l’agroforesterie. Il serait donc judicieux de chercher à faire une formation autodidacte ou supervisée avant et pendant l’opérationnalisation du projet. Les conseils du pépiniériste seront des plus utiles, du moment qu’ils s’inscrivent dans la ligne éthique et réglementaire de la permaculture et de l’agroforesterie.
  • Votre terrain n’est pas couvert de manière uniforme par le soleil. Il faut donc tenir compte des implications de l’emplacement dans le choix des variétés à planter. Certaines variétés résistent difficilement au changement de saisons. L’installation d’une serre sur votre terrain vous permettra de déplacer les plans durant les périodes à risques. . La résistance des plantes peut être renforcée en procédant à une greffe avec d’autres espèces. Bien qu’en principe la forêt comestible soit faite à l’instar d’une forêt originelle, elle nécessite un entretien régulier.
  • Lors du tracé de votre plan de répartition, il faut prendre en compte la périodicité des récoltes. Ceci vous évite les allées et venues inutiles. Pour les petits terrains, une bonne planification évitera le recours excessif aux conserves. Il faut par ailleurs prévoir le tracé d’un cheminement à l’intérieur de votre forêt. Ceci facilite l’entretien.

Après quelques années de travail régulier, votre forêt comestible a atteint un niveau de production plus que raisonnable. Vous noterez par ailleurs l’apparition de certaines espèces qui n’ont pas été ajoutées par vos soins. Si la charge diminue avec le temps, elle n’en est pas moins de taille. Elle nécessite un véritable engagement et de la discipline à la tâche. Il est impossible de tout savoir sur le processus dès le début. Lancez-vous et laissez-vous émerveiller par la beauté de la flore et de la faune mondiale.

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