Le mot rhubarbe rappelle à bien d’entre nous les doux souvenirs d’enfance autour d’une bonne tarte pleine de gelée. Il désigne un genre de plante vivace qui se présence sous la forme de rhizomes recouverts d’un feuillage caduc. Il en existe plusieurs espèces dont les plus connues sont cultivées à la maison. Elles existent en plusieurs couleurs. La plus commune utilisée dans les potagers est la rhubarbe comestible. Elle se cultive en respectant un ensemble de principes. Il en va de même pour sa cuisson et sa conservation.

Histoire

Elle nous provient d’origines variées. Certaines espèces ont été rapportées de Chine, du Népal, du Tibet ; d’autres proviennent de la Russie, des rives du lac Baïkal, enfin d’autres espèces remontent jusqu’en Sibérie orientale. Cette multiplicité des origines explique sans doute l’existence de plusieurs sortes de rhubarbes. De plus, les greffes effectuées par l’humain ont donné naissance à de nouvelles espèces de rhubarbe qui sont prisées autant en cuisine qu’en médecine humaine et animale. Si les premières traces de la rhubarbe existent en Chine depuis environ cinq millénaires, il faut attendre le premier siècle après J.-C. pour retrouver des traces écrites à propos de l’utilisation de la rhubarbe en Europe. La plante a été mentionnée pour la première fois dans les écrits du médecin grec Pedanius Discoride. Au cours du XVIIIe siècle, les premières cultures de rhubarbe médicinales seront faites dans des jardins botaniques. C’est finalement en Allemagne, dans les années 80 que la rhubarbe sera mise à profit pour ses avantages culinaires.

La rhubarbe comestible : description

La rhubarbe comestible est une plante herbacée qui fait partie de la famille de polygonacées. Vivace, elle est reconnaissable par sa couleur, ses feuilles palmées qui s’étendent de chaque côté d’un pétiole assez large. Elle peut atteindre plus d’un mètre de hauteur et est très riche en vitamines (à, B, C, et K), en magnésium, en potassium, en phosphore et en calcium. Les tiges ou pétioles représentent la partie consommable de la plante. Ses feuilles toxiques peuvent entraîner des diarrhées. Elles peuvent être fatales lorsqu’elles ont été consommées en grande quantité. Les feuilles ne doivent donc en aucune manière être utilisées pour fertiliser le sol. Avec une forte rusticité, elle croit favorablement lorsqu’elle est exposée à la mi-ombre et à un soleil pas trop ardent. À l’instar des autres plantes vivaces, elle est très résiliente et peut survivre plus d’une dizaine d’années si les conditions pour son développement sont réunies.

Les espèces de rhubarbe domestique

Les espèces domestiques de la rhubarbe peuvent être classées selon les couleurs des pétioles une fois qu’elles sont à maturité. On distingue ainsi trois catégories de rhubarbe courante dans nos potagers :

  • la rhubarbe verte : cette variété conservera une couleur intensément verte lorsque les rhizomes seront prêts pour la récolte. Le constat des utilisateurs de la plante est qu’elle conserve une forte acidité. En effet les tiges vertes contiennent moins de sucre.
  • La rhubarbe rouge : la chaire de cette variété possède une belle couleur incarnat. Les tiges contiennent suffisamment de sucre, ce qui rend la chair particulièrement douce.
  • La rhubarbe verte et rouge : elle se situe entre les deux premières en termes de couleur et de goût. La chair aussi savoureuse offre aux papilles un très bon mélange acidulé sucré.

Planter la rhubarbe : ce qu’il faut savoir

Où planter la rhubarbe ? L’un des premiers réquisits pour la culture de la rhubarbe est la nature du sol. Il peut être alcalin, neutre au même acide. Peu importe ! Il doit cependant être soit argileux-calcaire, soit argileux, -sablonneux. La surface de plantation de la rhubarbe doit être fraîche sans être mouillée. Un sol drainé est donc l’idéal pour lancer votre plantation. Notons que la surface de plantation ne doit pas souffrir d’une exposition à des températures élevées. La rhubarbe croît peu lorsqu’elle est confrontée à de fortes chaleurs. Choisissez donc un espace au fond de votre potager. Enfin, mis en terre dans un sol riche en humus, le plant de rhubarbe sera isolé pour favoriser son évolution.

Notre astuce pour avoir un pied bien nourri : apprêter le sol selon les principes de la permaculture. Le sol sera recouvert de terreau, de feuilles, du fumier, de paille et d’autres éléments organiques. Il faudra ensuite le mouiller pour accélérer la décomposition des éléments.

Quand et comment planter la rhubarbe ?

Après avoir enrichi votre sol, il faut attendre le mois de mars (début avril) ou la fin du mois d’octobre (début novembre) pour procéder à la mise en terre de votre plan. Si certaines variétés comestibles donnent des graines, il est plus courant d’acquérir un éclat de rhubarbe chez votre pépiniériste. Le taux de réussite est cependant plus élevé lorsque vous vous servez des éclats de rhubarbe.

Il faut creuser des trous d’une profondeur plus ou moins égale à un demi-mètre. Mélanger et alléger le terreau, le compost et le sable. Remplir chaque trou sur 47 cm avec ce mélange sans le tasser. Si vous optez pour les graines, en mettre une dans chaque trou.

Si votre choix s’est porté sur l’éclat, il faut bien le piquer pour le stabiliser. Environ dix centimètres du rhizome seront mis en terre. Remplir le trou avec le reste du mélanger jusqu’au niveau du sol et tasser. Enfin arroser. Il faut s’assurer de creuser vos trous avec un écart de 150 cm pour ne pas encombrer la progression du plant. Durant les années qui suivent, il faut périodiquement enrichir le sol de compost pour maintenir sa richesse.

Le choix des éclats est moins contraignant. Les semis plantés en mars devront être obligatoirement paillés durant la période hivernale ; ils seront ensuite remis en terre durant le mois de mars suivant. Pour les semis d’octobre, il faudra les maintenir dans des pots à l’abri du froid. Ils seront aussi remis en terre en mars. Quel que soit l’option de semi, la récolte des pétioles ne sera réalisable que deux printemps après la semence.

Comment entretenir la rhubarbe ?

La rhubarbe est une plante assez facile à entretenir. Gardez en esprit de l’arroser régulièrement, de retirer les mauvaises herbes et de les recycler. En tant de chaleur, l’arrosage sera plus fréquent. Pailler le sol permettra de le garder frais en été comme en hiver.

Il faut se décider sur le maintien des fleurs de la rhubarbe. Le choix ici doit être radical étant donné que les fleurs épuisent une bonne partie des ressources nécessaires pour la maturation du pétiole. Il est largement fonction de l’objectif de votre culture. Si la rhubarbe est à but décoratif, notre conseil est de laisser les fleurs. Elles embelliront très bien votre jardin. Si l’objectif est de consommer les pétioles, il faut supprimer les fleurs dès les premiers signes de leur apparition. Le pétiole obtenu au final s’en trouvera moins fibreux.

À l’entame de l’hiver, il faut toujours prendre soin de couper les pétioles restants pour éviter d’éventuelles pourritures. La rhubarbe est aussi susceptible, aux escargots et à la rouille. Elle est aussi sensible aux attaques de pucerons noirs qui apparaissent au printemps et en été. Il est cependant assez facile de résoudre le problème sans avoir recours aux moyens industriels. Il faut dans un premier temps retirer et supprimer la totalité des parties attaquées. Vous pouvez les brûler pour éviter toute contagion. Le reste du plant sera vaporisé avec du purin fait à base des feuilles de rhubarbe ou de celles de l’ortie.

Récolter et conserver les pétioles de rhubarbe

La récolte du pétiole de rhubarbe se fait du printemps à l’automne, à partir de la deuxième année successive à la mise en terre. Dès le début du mois de juin, vous pouvez casser les pétioles les plus robustes. À cette période la chair est fraîche et très peu fibreuse. La rhubarbe ramollit durant les jours après sa cueillette. Il faut donc prendre uniquement la quantité dont vous avez besoin. Les pétioles les moins épais seront laissés sur la tige. D’ici la fin du mois d’octobre, elles auront gagné en robustesse et en fibres.

Les tiges seront débarrassées entièrement des feuilles et des parties blanches. Elles peuvent être ensuite rincées, utilisées ou conservées. La conservation peut se faire sous plusieurs formes : confitures, sirops, pétioles déshydratés, pétioles séchés et transformés en poudre, etc.

Multiplier les plans de rhubarbe

La rhubarbe est plantée par semis ou par bouture. Pour celui qui détient quelques plants de rhubarbe, il est possible de multiplier les plants pour agrandir son champ. La première étape serait d’attendre que la rhubarbe ait au moins trois ans et d’effectuer la procédure à la fin des mois de mai et d’octobre.

Lorsque vous laissez votre rhubarbe fleurir, au bout de trois années, vous obtiendrez des graines. Dès qu’elles auront séché, vous pouvez les récupérer et les conserver pendant quelques années. Le processus de semis sera à nouveau repris dans de nouveaux trous de plantations. L’usage des graines peut toutefois entraîner un saut de génération. Vous n’avez donc pas la garantie d’obtenir la même variété de rhubarbe que celle d’origine.

Les bourgeons sont récupérés sur les plants n’ayant pas fleuri. Toujours au bout de trois années, le plant sera retiré à l’aide d’une bêche propre manière à ne pas endommager la touffe. N’hésitez pas à prendre autant de temps que nécessaire pour réussir le retrait. Repérez les bourgeons afin de délimiter les zones de sections. Sur une surface plane mettre le plant et sectionnez du haut vers le bas en sorte de former des quartiers ou éclats. Il faut faire usage d’un couteau bien propre et tranchant pour éviter les pertes. Prélevez deux à trois bourgeons (plus si le pied est dense). Les éclats obtenus vont présenter des plaies. Saupoudrez celles-ci avec du charbon pour prévenir les infections. Vos éclats peuvent être redistribués ou plantés à nouveau en respectant la procédure donnée plus haut. Enfin, la division de la rhubarbe est une alternative qui permet de réinitialiser le cycle de vie de plants de rhubarbes non productifs.

Bon à savoir

Fruit ou légume, la rhubarbe est une plante qui vient agréablement compléter votre potager ou votre forêt-jardin. Dans le souci d’optimiser la production et l’utilisation de l’espace, la rhubarbe peut être plantée dans votre forêt jardin selon les principes de la permaculture. Vous pourrez ainsi lui assurer l’apport fréquent d’engrais organique dont il a besoin pour se développer. Il bénéficiera ainsi du soleil ombragé propice. L’eau de pluie pourra ici être recueillie et utilisée, toujours dans le souci de rester bio.

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