Dans le processus du vivre en société, l’humanité a systématiquement procédé à une sélection. Qu’il s’agisse de comportements sociaux, de style vestimentaire ou de style alimentaire, le monde tel que nous le voyons aujourd’hui est une convention. Pour y parvenir, les hommes ont instauré entre autres, un système basé sur la division du travail. Au centre des activités établies se trouvaient l’agriculture et la cueillette. Nous avons procédé à une sélection des arbres et herbes qui nous sont les plus utiles et les plus faciles à entretenir. En ce qui concerne les arbres fruitiers, l’une des variétés les plus communes retenues est le pommier tel que nous le connaissons aujourd’hui. Notons qu’il existe un large panel d’espèces de pommes. Si certaines sont toujours connues, nombreuses sont celles qui ont disparu ou qui ont été oubliées et ne sont plus aussi répandues dans leur milieu d’origine. Cependant elles existent toujours, et il est bien possible de les restaurer et de mettre en valeur leurs vertus. L’une des variétés de fruitiers sauvages en voie de disparition la plus utile est le cormier.

Carte technique du cormier

Nom scientifique : Sorbus domestica L

Noms usuels : Sorbier domestique, cormier

Fruit : corme, sorbes (mangeable après blettissement)

Couleur des fleurs : blanche (floraison en mai-juin)

Dimensions : très grandes

Cycle de vie : jusqu’à 600 ans environ

pH : 5 à 7

Nuisibles : zeuzères, feu bactérien, rouille

Rusticité : – 30 °C

Utilisations : gastronomie, menuiserie, ébénisterie, lutherie, gemmothérapie, viticulture

Description

De son nom scientifique sorbus domestica L., le cormier est un arbre fruitier qui répond aussi à l’appellation sorbier domestique. Il s’inscrit dans la famille des rosacées. Comme le suggère son nom, c’est une variété qui peut être plantée à la maison, en tant que haie ou dans le jardin. Il se distingue du sorbier de l’oiseleur dont l’espèce, plus commune est utilisée à des fins décoratives ou mystico-religieuses. Le cormier est un arbre plutôt grand. Les rapports les plus récents attestent qu’il peut atteindre vingt mètres de haut et dépasser 5 mètres de circonférence. Son feuillage est constitué de feuilles pennées qui sont parsemées de fleurs blanchâtres durant la floraison de l’arbre. Les feuilles constituées de deux dizaines de folioles sont oblongues et peuvent mesurer jusqu’à vingt centimètres. Le cormier donne des fruits charnus à noyau, d’une belle couleur verte et pourpre. Ayant une forme de poire, ces fruits répondent au nom de poirillon, poirette, corme ou sorbe. Les cormes peuvent atteindre deux à trois centimètres et poussent en grappe sur l’arbre. Notons toutefois qu’elles ne sont consommables qu’après blettissement. Les cormes sont dès lors d’une belle couleur jaune tachetée d’orange ou d’une teinte brunâtre.

Planter le cormier

Où planter le cormier ?

L’histoire témoigne de l’existence du cormier depuis l’époque de l’Empire romain. Présente dans les vergers, il peut être toujours planté aujourd’hui. Il peut être isolé pour éviter toute interaction nuisible avec d’autres arbres ou plans. Il peut aussi contribuer à l’installation d’une haie ou d’un bosquet. Enfin le cormier peut être planté dans votre verger ou dans votre mini-forêt privée.

Quand planter le cormier ?

Le cormier peut être planté à n’importe quelle période de l’année. Il faut bien évidemment éviter les périodes de gel et de canicule qui sont réputées nocives pour bien de variétés botaniques. Le cormier peut cependant résister aux températures allant jusqu’à -30 ° C. L’automne, en septembre ou en octobre, est cependant la période idéale et la plus recommandée pour planter le sorbus domestica L.

Sur quel sol planter le cormier ?

Si le cormier est un arbre sans trop d’interdits, il est important d’éviter les sols très humides. La stagnation de l’eau entraînera sans aucun doute le pourrissement du plant. De plus, un sol riche donne la garantie d’avoir un arbre plus grand et des fruits plus gros. Enfin, le sol du cormier doit pouvoir être exposé au soleil ou à la mi-ombre, profond et frais.

Quel matériel utiliser ?

Aucune plantation ne peut se faire sans le matériel adéquat. Il faut dans le cas céans, se munir :

  • d’une bêche ;
  • d‘un arrosoir ;
  • d‘un sécateur ;
  • du terreau ;
  • du sable ;
  • de l’engrais (organique de préférence) ;
  • de soutien ;
  • du fil souple et résistant.

Comment planter le cormier ?

Pour planter le sorbier domestique, il faut avoir un plant. La multiplication du cormier peut se faire par semis ou par greffe. Le processus est cependant délicat et très sensible ou moindre aléas. Il semble plus simple de se procurer un plant chez le pépiniériste. Dans ce cas, attendez-vous à devoir planter votre arbre en novembre, car le pépiniériste attendra sûrement la fin des récoltes, vers la fin d’octobre. Tout en prenant soin d’éviter le gel, il faut :

  • creuser un trou large et profond d’environ 80 cm x 80 cm x 80 cm ; ces dimensions permettent aux racines de ne pas être compactées et à l’arbre de grandir sans être plus tar encombré ;
  • le remplir de terreau et autre fertilisant si nécessaire ; le trou vide sera comblé au deux tiers au maximum, par le mélange du sable et de terreau ; l’ajout de fertilisant n’est recommandé que dans le cas où le sol d’origine ne serait pas suffisamment fertile ; ici il faut prendre soin de bien remuer l’ensemble avant de remplir ; vous pouvez repasser la bêche dans le trou de plantation ainsi obtenu pour éviter que l’espace de labour ne soit tassé ;
  • planter le soutien ; c’est une grande tige faite d’un bois solide ayant une taille supérieure au plant ; il est capital pour assurer la stabilité du cormier dans les années à venir. Il doit donc être grand ;
  • dépouiller le plant des feuilles et racines excessives à l’aide du sécateur ; il faut aussi raccourcir la taille des branches légèrement en dessus de la moitié de leur taille d’origine.
  • Mettre en terre le cormier ; il sera mis au milieu du trou en prenant soin que le collet soit maintenu au niveau du sol ; il faut ensuite ajouter petit à petit le sable en prenant soin de tasser sans mélanger la première et la deuxième couche de terre. Attacher le cormier au tuteur et le maintenir à divers niveaux avec le fil souple et résistant ; ici il faut prendre soin de ne pas étrangler le tronc de l’arbre ;
  • arroser l’ensemble ; durant les semaines qui suivront, il faudra fréquemment arroser l’arbre pour conserver la fraîcheur interne ; il faut donc pailler l’ensemble ; toujours prendre soin d’éviter la stagnation de l’eau ; l’arrosage se poursuivra durant les deux premières années après plantation.

Comment entretenir le pommier ?

Le cormier est un arbre sensible à certains parasites et bactéries. Pour le maintenir en bonne santé, il faut privilégier l’arrosage fréquent dans les périodes de sécheresse. Il faut aussi tailler l’arbre pour le débarrasser des feuilles et branches mortes. La taille se fait en automne. Au bout de deux années, il faut songer à retirer le tuteur pour éviter les maladies.

Pour plus d’éclaircissements, mettre à contribution votre pépiniériste.

La récolte des cormes

Les fruits du cormier contiennent du tanin. Ce qui peut les rendre désagréables pour toute personne qui les cueille avant qu’ils ne soient blets. Le blettissement est souvent achevé en automne, au cours de la deuxième partie du mois d’octobre. Le fruit prend alors une couleur jaune orangée et ensuite brunâtre. La corme ainsi prête, tombe d’elle-même. La récolte se fait donc sur les fruits qui sont tombés. La peau peut être facilement séparée pour laisser entrevoir une chair aux effluves des plus alléchantes et à la texture soyeuse. La corme ne révèle ses saveurs qu’une fois qu’elle est blette. Elle peut être mangée comme toute pomme ou comme une poire, quelques heures après blettissement.

Les utilisations du cormier

Le fruit peut être utilisé de manière variée. En cuisine, le fruit permet de faire des confitures, des compotes, du sirop, des tartes. Les recettes ne sont pas rigides et varient d’une tradition à une autre. Le fruit peut aussi être séché pour être utilisé comme épice ou comme gourmandise. Quelques jours après blettissement le fruit atteint le pic de la dégustation.

Vous pouvez faire une confiture selon la recette suivante :

  • rincer les cormes blettes ;
  • faire passer à ébullition pendant cinq minutes, dans une casserole remplie d’eau ;
  • retirer la peau et les pépins ;
  • écraser la pulpe à la fourchette ou au mixeur ; ne pas ajouter de l’eau ;
  • peser la purée ainsi obtenue ;
  • ajouter la même quantité de sucre ou légèrement moins selon le goût qui est désiré ;
  • faire passer le tout à feu doux pendant trente minutes au moins ; le sucre va fondre et le mélange va s’épaissir ;
  • ajouter du zest de citron ou autres parfums au plaisir, c’est facultatif ;
  • pendant ce temps, stériliser le bocal ;
  • verser la confiture ainsi obtenue dans le bocal et fermer hermétiquement.

Le fruit intervient dans la fabrication du cormé, une boisson légèrement alcoolisée ayant un goût proche de celui du cidre. Grâce à sa forte concentration en tanin, les fruits non blets sont utilisés pour faire blanchir le vin ou le cidre ou pour obtenir de l’eau-de-vie.

L’arbre

Le cormier sert à couvrir les maisons et les plantations viticoles. Sa grande taille et ses feuilles caduques offrent la couverture idéale pour les vignes. Il intervient aussi en agroforesterie en tant qu’élément favorisant la culture de la truffe. Présent dans les haies, les bosquets et autres, il offre un très bel effet décoratif.

Le cormier possède un tronc assez épais, résistant et malléable. Il intervient donc dans plusieurs domaines en tant qu’outil de fabrication. On s’en sert pour la fabrication de meubles massifs très résistants. Il sert aussi en ébénisterie. Son grain très fin permet d’obtenir des instruments alliant finesse et durabilité dans le monde de la lutherie.

Enfin, le cormier a longtemps été utilisé par les guérisseurs. Il aurait été autrefois, un remède efficace contre la diarrhée et dysenterie. Le macérât glycériné de bourgeons et de jeunes pousses de cormier est encore disponible aujourd’hui en pharmacie. Vendu dilué ou concentré on lui attribue bien de vertus en gemmothérapie. Il serait pour les uns, un excellent complément alimentaire. Pour les autres, le cormier faciliterait la circulation sanguine en ayant une action anticoagulante sur le système humain.

Sorbus domestica est un fruitier sauvage aux usages multiples. Feuilles, fruit, tronc, tout y a une utilité. Arbre qui reste à découvrir, il est peu difficile à entretenir et vient compléter à merveille toute construction. Le cormier assure à la fois une exploration gustative et un émerveillement des sens.

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