Culture de la tomate au potager bio

Dans cette fiche je vais vous expliquer pas à pas la culture de la tomate au potager bio.

Fiche de culture de la tomate

culture de la tomate

Origine :

La tomate (Solanum lycopersicum) est une plante annuelle de la famille des Solanacées cousine de la pomme de terre, originaire des Andes au Pérou.

Elle fut introduite en Europe au 16 ème siècle, jusqu’à la révolution française elle n’était pas considérée comme comestible et n’était cultivée qu’à des fins ornementales.

Un botaniste écossais la décrit comme comestible pour la première fois en 1731, mais ce n’est qu’au début du 20 ème siècle que la culture de la tomate connut un réel essor.

Il existe plusieurs milliers de variétés de tomates, de goûts de formes et de textures différentes.

De nos jours, les tomates vendues en supermarchés sont insipides car elles sont issues de cultures hors sol avec pour seul substrat de la laine de roche et des engrais chimiques.

Seules les tomates bios vendues par de petits producteurs ont encore un vrai goût de tomate, pour les reconnaître c’est très simple elles n’ont pas l’aspect lisse et parfait des tomates industrielles !

Nutrition, santé :

La tomate est très riche en vitamines A et C et en antioxydants, c’est cru qu’elle apporte le plus de vitamines et de minéraux.

En cuisine elle s’accommode de multiples façons, il n’y a rien de meilleur qu’une salade de tomates ou une sauce tomate avec des herbes du jardin !

Choix des variétés :

La culture de la tomate ne demande pas beaucoup de place et la diversité des variétés fait que c’est un légume passionnant à cultiver au potager.

Les principaux critères à prendre en compte dans le choix des variétés de tomates sont :

  • La précocité.
  • Le goût.
  • L’adaptation au climat de la région.

Le premier conseil que j’aurais à vous donner est de ne pas acheter de variétés F1 car ce sont des variétés industrielles, elles vous donneront des tomates moins parfumées et vous ne pourrez pas récupérer vos graines.

Vous trouverez chez Kokopelli un choix impressionnant de tomates, elles sont classées par couleur et par précocité.

Je vous conseille plus particulièrement la Noire de Crimée, la Coeur de boeuf et la Rose de Berne qui sont des variétés très parfumées assez faciles à trouver !

Si vous habitez dans une région aux étés frais comme en Bretagne et que vous ne disposez pas de serre il faudra choisir des variétés adaptées au climat frais comme Stupice ou Oregon spring.

Semis :

culture de la tomateLes tomates se sèment en intérieur dans un endroit lumineux à une température de 18°c minimum à partir de début mars, 6 semaines avant le repiquage.

Inutile de semer trop tôt, par manque de lumière vos plants risquent de filer et ils ne supporteront pas le repiquage.

Je vous conseille d’attendre fin mars voir début avril, si vous habitez dans une région où le printemps est frais.

L’idéal est de semer une graine par godet, comme ça vous n’aurez à repiquer qu’une seule fois vos plants, vous n’abîmerez pas les racines et vous obtiendrez des plants plus forts.

Pour que vos plants ne filent pas évitez les endroits trop frais et trop sombres.

Préparation du terrain :

La tomate demande un terrain riche et drainant, avant le repiquage, je vous conseille de mettre une couche de 20 cm de compost et de disposer des tuteurs à 75 cm les uns des autres.

Il est important de respecter cet espacement, car si elles sont repiquées trop serré, l’air circulera mal et le mildiou risque d’apparaître plus vite.

Je vous conseille de mettre en place des tuteurs en noisetier ou en bambou de 2 m de long, pour qu’ils soient bien stables il faudra les enfoncer de 30 à 40 centimètres dans le sol.

Si vous n’avez pas de noisetier ni de bambou, les tuteurs métalliques spiralés sont un bon compromis, l’avantage est que vos tomates s’enrouleront autour, vous n’aurez pas à les attacher.

Repiquage :

Si vous avez une serre vous pourrez repiquer directement en terre vos plants dès mi-avril dans le nord.

Pour les repiquages en plein air je vous conseille d’attendre début mai voir mi-mai dans les régions ou les gelées tardives sont fréquentes.

Vous les repiquerez à 75 cm de distance, près des tuteurs que vous aurez mis en place.

Astuce : Repiquez des œillets d’Inde entre vos pieds de tomates, ils empêcheront les nématodes d’attaquer les racines de vos tomates et vos pieds seront plus résistants.

Si le temps est encore un peu frais, les premières semaines je vous conseille de mettre un plastique avec des arceaux, vous l’ouvrirez la journée s’il y a du beau temps.

Taille :

La taille favorise la mise à fruits, facilite le tuteurage et permet à l’air de mieux circuler, ce qui évite le développement des maladies cryptogamiques.

Je vous conseille de couper les gourmands qui apparaissent aux aisselles des feuilles et de la tige. Vous garderez au maximum un gourmand qui donnera naissance à une seconde tige.

L’idéal est de tailler les gourmands une fois par semaine avec un sécateur bien propre.

Coupez également les feuilles jaunes dès leur apparition.

Arrosage et fertilisation :

La tomate est très gourmande en nutriments, un arrosage tous les 10 jours avec du purin dilué à 10% rendra vos plants plus résistants et améliorera vos récoltes.

En début de saison je vous conseille de faire un apport de 2/3 de purin d’orties mélangé à 1/3 de purin de consoude, pour favoriser la pousse.

Lorsque vos tomates commenceront à fleurir il faudra inverser les proportions en mettant 2/3 de purin de consoude et 1/3 de purin d’orties, pour favoriser la mise à fruits.

Faites attention à ne pas mouiller le feuillage de vos tomates, arrosez les toujours délicatement au pied.

Maladies et ravageurs :

Les tomates sont sensibles à de nombreuses maladies cryptogamiques surtout si le climat est frais et humide, la plus courante d’entre elles est le mildiou.

Le premier conseil que j’aurais à vous donner est de ne pas noyer vos tomates, il vaut mieux qu’elles soient en léger stress hydrique qu’en excès d’humidité, un arrosage trop fréquent favorise leur apparition.

Pour prévenir le mildiou, je vous conseille aussi d’appliquer une décoction de prêle une semaine après le repiquage puis tous les 10 jours jusqu’à mi juillet.

Évitez d’utiliser de la bouillie bordelaise car c’est toxique pour l’homme et pour les organismes aquatiques, de plus le cuivre est un élément non dégradable qui s’accumule dans les sols.

Récolte :

culture de la tomateSous serre ou dans le sud vous récolterez vos premières tomates dès le mois de juin, ailleurs il faudra attendre au minimum début juillet. La récolte des premières tomates est souvent un moment que l’on attend avec impatience, il vient récompenser tous les efforts fournis par le jardinier !

Il n’y a rien de meilleur que des tomates fraîchement cueillies du potager, je vous conseille de les cueillir bien mûres elles ne seront que plus parfumées.

Les tomates donnent souvent beaucoup au même moment, il peut être intéressant de faire des coulis de tomates en bocaux pour pouvoir en profiter l’hiver.

Les graines de tomates sont très faciles à récupérer, vous pourrez les échanger sur Graines de Troc contre d’autres variétés que vous n’avez pas !

La culture de la tomate n’est pas difficile à réussir à condition de faire attention aux excès d’humidité. Grâce à la décoction de prêle il est tout à fait possible de se passer de bouillie bordelaise !


Si vous avez des questions, des suggestions, sur la culture de la tomate au potager bio n’hésitez pas à me laisser des commentaires, ça sera un plaisir pour moi de vous répondre !

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14 commentaires

  • En début de saison je vous conseille de faire un apport de 2/3 de purin d’orties mélangé à 1/3 de purin de consoude, pour favoriser la pousse.

    Lorsque vos tomates commenceront à fleurir il faudra inverser les proportions en mettant 2/3 de purin de consoude et 1/3 de purin d’orties, pour favoriser la mise à fruits.
    Il doitcyvavoir une erreur.

  • Bonjour
    Je suis en Eure et loir et j’attend toujours le 15 mai pour installer mes plants, il y a toujours des coup de gelée matinaux la 1ère quinzaine de mai qui seraient fatal pour les plants. Par contre je fais les semis vers le 20 mars puis en godet dès l’apparition des vraies feuilles (serre froide+ fosse isolée avec paille + voile) et repiquage dans des godets plus grands une 2ème fois quand les racines se heurtent aux parois du godet ce qui fait que mes plants sont en fleurs quand je les mets en place le 15 mai et donc pas de temps perdu. Quand aux piquets métalliques, il y a longtemps que j’ai renoncé à les utiliser. Penser qu’ils vont s’enrouler autour du piquet tous seuls c’est un peu surestimer l’intelligence de la tomate ou alors ce sont les miennes qui sont particulièrement stupides :)) De toutes façons, un malheureux coup de vent et tout est par terre: ça tient mal dans la terre (trop fin).
    Je n’ai pas de prèle sur mon terrain, y a t il une autre plante avec les mêmes effets?
    Cordialement

  • Bonjour Soupouchoux,
    A ma connaissance, il n’y a pas d’autres plantes aussi efficaces que la prêle pour prévenir le mildiou. Si tu n’as pas de prêle, pour se passer de bouillie bordelaise, une alternative intéressante est le bicarbonate de soude, c’est un produit 100% naturel, à ce sujet je te conseille cet article du blog d’Aurélien : http://www.tous-au-potager.fr/lutter-contre-mildiou-bicarbonate-soude/
    Bonne journée à toi,
    A bientôt

    Guillaume

  • VIVET Bernard

    Bonjour,faut-il récupérer les graines des premières tomates mûres où attendre un peu ?
    Cordialement

    • Bonjour Bernard,
      Pour les tomates je te conseille d’attendre un peu pour récupérer les graines de tomates car les premières sont souvent moins grosses que celles qui suivent.

      A bientôt

      Guillaume

  • bonjour
    je suis toujours surpris de voir la différence entre mes plants et ceux des jardineries toujours plus forts pourtant j’utilise le purin de consoude mais mes plants sont toujours moins beau quel est leur secret???

    • Bonjour kerzia,
      Pour obtenir des plants de tomates forts il faut une luminosité importante et une température de 20°c minimum.
      Si l’endroit où tu sème tes tomates même à l’intérieur n’est pas assez lumineux tes plants fileront et tu aura des difficultés au repiquage.
      L’idéal est de les semer sur couche chaude fin mars-début avril sous serre dans un endroit abrité du potager, sinon mieux vaut acheter du plant de préférence bio.

      A bientôt

      Guillaume

  • Mon père avait de beaux pieds de tomates sous une serre et dernièrement les feuilles ont jauni comme fané . L’aspect ne correspond pas au midiou.
    Nous sommes en région parisienne donc ce n’est pas la chaleur et un soleil excessifs la cause !!!
    D’autres feuilles vertes apparaissent mais il y a un problème ? ?

  • Bonjour Broussal,
    Si les feuilles jaunissent sans virer au brun, c’est peut-être une chlorose causée par un sol trop calcaire. Je vous conseille d’arroser vos tomates à l’eau de pluie (évitez l’eau du réseau chlorée) et de les fertiliser avec du purin de consoude tous les 10 jours 😉

    A bientôt

    Guillaume

  • Bonjour
    Comment peut on gérer les chenilles, les acariens, les criquets et autres nuisible de la tomate en climat sub équatorial et humide?

  • Bonjour Guillaume

    Un grand merci pour tous vos articles complets, clairs et très synthétiques –

    Pour répondre au message d’Anicet du 29 octobre 2016, voici quelques pistes de recherches qui j’espère apporteront des réponses concrètes – Dans l’affirmative je serais intéressé pour savoir ce qui fonctionne bien sur vos cultures –

    Fruits et légumes biologiques des régions tropicales/Document des Nations Unies de 2003(cf pages 26 à 31) pour maladies et ravageurs/traitement):

    http://unctad.org/fr/Docs/ditccom20032_fr.pdf

    Résumé:
    – Contre les acariens/pulvérisation d’une huile minérale légère(page 31)
    – Criquets/Préparation de pyréthrine: Paralyse immédiatement la plupart des insectes(page 30)
    – Chenilles/Préparation de neems(recette page 30)

    Ci-dessous également une étude faite dans le bassin de la Haute-Volta/Voir page 74 les alternatives aux pesticides et page 122 un questionnaire complet et intéressant sur l’usage des pesticides:

    Plan de gestion des pestes et des pesticides/Bassin de la Haute Volta:

    http://documents.worldbank.org/curated/en/651941468194649149/pdf/E48010V20FRENC00Box391418B00PUBLIC0.pdf

    Cordialement

    • Bonjour Erable,
      Merci pour votre commentaire 😉
      En ce qui concerne l’usage d’huiles minérales, de pyrétrine et d’huile de neems en agriculture bio, je suis opposé à ces pratiques car il s’agit de pesticides dangereux pour l’environnement. En permaculture on cherchera plutôt à favoriser la biodiversité pour créer un équilibre entre les ravageurs et les prédateurs. Voici plusieurs exemples concrets : l’agroforesterie, la plantation de haies, la mise en place de bandes enherbés non tondus, l’abandon de la mono culture et des pesticides, le non travail du sol, la pratique du mulch et des couverts végétaux, le choix de variétés rustiques…
      A bientôt
      Guillaume

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