Le cormier un fruitier ancien à redécouvrir

Dans cet article je vais vous présenter le cormier, un fruitier ancien méconnu qui donne de très bons fruits à la saveur originale.

cormierOrigine :

Le cormier (Sorbus domestica) est un arbre fruitier de la famille des Rosacées qui pousse à l’état sauvage de manière sporadique dans les forêts d’Europe méridionale.

Il est relativement rare dans la nature car il supporte mal la concurrence des autres espèces. Le cormier peut vivre jusqu’à 600 ans et donne un bois parmi les plus dense qu’il soit, de ce fait il est très recherché en ébénisterie. Il ne faut pas le confondre avec le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) un arbre beaucoup plus courant dont les fruits oranges vifs et plus petits ne sont pas comestibles.

La culture du cormier remonte à l’antiquité où les Romains l’ont introduit jusque dans le nord de la France. Il était assez courant d’en trouver dans les vergers jusqu’au milieu du 20 ème siècle, mais avec l’industrialisation de l’agriculture il tomba peu à peu dans l’oubli. Lors du remembrement bon nombre d’entre eux ont été arrachés, de ce fait il ne reste plus beaucoup de vieux cormiers. De nos jours c’est une espèce menacée de plus en plus rare dans certaines régions.

Nutrition, santé :

Les fruits du cormier, les cormes ont la taille d’un gros grain de raisin, leur goût se rapproche des nèfles en plus parfumé avec une note boisée très agréable. C’est un fruit très nutritif et très riche en vitamine C.

Les cormes se ramassent blettes au pied de l’arbre en octobre-novembre et peuvent se conserver quelques mois sur de la paille dans un endroit frais.

cormierPour savoir si elles sont blettes, elles passent d’une teinte vert rouge à marron. Le blettissement n’est pas une pourriture mais une fermentation interne qui transforme les tanins en sucre et en alcool.

Avant blettissement les cormes sont dures et astringentes, mais une fois blettes elles deviennent molles, sucrées et très parfumées.

Elles sont très bonnes crues, on peut aussi en faire de la compote ou de la confiture en les passant dans un moulin à légumes pour enlever les pépins.

Elle servent également à préparer du cormé un cidre à base de cormes.

Introduire le cormier au jardin :

Le cormier est un très bel arbre rustique, autofertile et résistant à la sécheresse.

Il s’adapte très bien dans toutes les régions jusqu’à 1000 m d’altitude pourvu que le sol soit drainant. Il ne demande aucun entretien ni taille, en revanche il craint les terrains où l’eau stagne, pour cela il faut éviter de le planter dans les fonds de vallons humides.

Le cormier a besoin de beaucoup de lumière, en plantation isolée il faudra lui prévoir un espace de 10 m avec les autres arbres.

Vous pourrez aussi l’introduire dans une haie bocagère en l’espaçant au minimum de 6 m des autres grands arbres. Dans une forêt comestible il faudra éviter que d’autres arbres à croissance plus rapide ne lui fassent de l’ombre car sa croissance est lente les premières années.

A l’âge adulte il peut atteindre 15-20 m de haut, pour cela il faut faire attention à ne pas le planter sous les lignes électriques.

Quand et comment le planter ?

Comme tous les fruitiers, le cormier se plante entre novembre et février en dehors des période de gel, au moment du repos hivernal.

Achetez le de préférence à racines nues chez un producteur local, vous en trouverez également sur le site internet de Ribanjou à l’automne.

À la réception de votre arbre, pour lui assurer une bonne reprise il faudra préparer un pralin avec un mélange de 2/3 de terre de jardin, d’1/3 de compost additionné d’eau puis mettre ses racines à tremper dedans pendant 24 heures avant de le planter.

cormierPour le planter il faudra tout d’abord faire un trou de 50 cm de profondeur et de 60 cm de largueur en enlevant les plus grosses pierres. Ensuite il faudra placer en bordure du trou deux piquets en bois de 2 m de longueur qui serviront de tuteurs, pour ma part j’ai utilisé des cannes en bambou.

Mettez en place votre arbre en enterrant bien les racines jusqu’au collet puis complétez par une couche de compost en surface que vous recouvrirez de feuilles.

Ensuite attachez votre cormier avec de la ficelle épaisse non métallique aux deux piquets en veillant à ne pas trop serrer pour ne pas abîmer le tronc. Le tuteurage sert surtout à protéger l’arbre d’un déracinement causé par le vent, au bout de 3-4 ans une fois qu’il sera bien enraciné vous pourrez enlever les tuteurs.

Suivi :

Mis à part quelques arrosages les premières années en cas de sécheresse et l’entretien du paillage au pied de l’arbre, il ne vous demandera pas beaucoup de soins.

Ne soyez pas surpris si votre cormier pousse très peu les premières années c’est tout à fait normal, c’est un arbre à croissance lente.

Récolte :

Il faudra être patient, compter 8 à 10 ans en moyenne avant de pouvoir récolter vos premières cormes, mais lorsqu’il commencera à donner ce sera pour plusieurs siècles !

En attendant d’avoir des cormes, si comme moi vous êtes impatient de pouvoir en goûter, renseignez vous sur les arbres remarquables de votre région, il y a surement de magnifiques cormiers qui donnent plein de fruits près de chez vous ! En Bretagne on le trouve plutôt dans la région de Rennes.

Le cormier est un arbre magnifique aux fruits délicieux qui ne demande qu’à être redécouvert, en le plantant vous contribuerez à la sauvegarde d’une espèce menacée !


Si vous avez des questions, des suggestions, sur le cormier n’hésitez pas à me laisser des commentaires, ça sera un plaisir pour moi de vous répondre !

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13 commentaires

  • Jean-Yves Mourey

    Bonjour,
    vous m’avez donné envie, je viens de passer commande d’un cormier. J’ai de place dans mon verger et je pense qu’il se plaira dans le jura. Merci pour votre blog.

    • Bonjour Jean-Yves,
      Je suis content que mon article vous ai donné envie de planter un cormier, c’est vraiment un très bel arbre à redécouvrir!
      Bonne continuation
      Guillaume

      • Bonjour, j’ai un arbre qui semble être un cormier devant chez moi, je suis dans les Landes, à Mezos exactement. Les fruits sont en partie déjà tombés, certains sont déjà marrons, que me conseillez vous ?

  • J’aime beaucoup les cormiers et je suis arrivé à faire germer des pépins (voir « greffons de cormiers » sur le site greffet.net/forum .

    Vous avez oublié une chose dans vos instructions pour planter un cormier: il faut absolument le protéger, et à deux niveaux.

    D’abord un trou de 50×50 cm avec de la terre aérée est idéal pour que des souris s’y installent. Là elle vont trouver les racines du cormier. Que pensez vous qu’elles vont croquer? Il faut donc protéger la motte avec un grillage, comme c’est fait pour les autres arbres fruitiers, pommiers, poiriers, ou bien remplir le trou de plusieurs bouteilles de verre cassées (attention: casser les bouteilles dans un linge pour éviter d’avoir des morceaux qui blessent!).

    Ensuite, si le cormier est dans un jardin, c’est OK. Sinon, les lapins, sangliers, biches vont se délecter des bourgeons tant que le cormiers ne fera pas 2 m de hauteur, et certainement de l’écorce tant qu’elle ne sera par fissurée. Il faut donc protéger jusqu’à 1m50 de hauteur au moins. A ce sujet, l’écorce commence à se fissurer en partant du pied vers l’âge de 7 ans justement pour se protéger de ces attaques, et c’est normal (certaines personnes se demandent si l’arbre tombe malade: la réponse est non, c’est normal).

  • Bonsoir Arnould,

    Génial si vous avez réussi à faire germer des graines de cormiers car c’est très difficile.
    Si vous avez plusieurs plants je vous conseille de tenter une greffe qui à l’avantage de permettre une mise à fruits plus rapide. Un pépiniériste belge m’a parlé de la variété Bovender Nordlicht (mise à fruit rapide, résistance au chancre et fruits plus gros que l’espèce type).
    Pour ce qui est de la protection des arbres, le grillage autour de la motte est utile dans les régions où le rat taupier est présent, ce qui n’est pas le cas dans l’ouest de la France.
    Pour la protection du tronc je suis d’accord avec vous, il faut prévoir des protections, si le jardin n’est pas entièrement clos. Chez moi les lièvres sont très friants de jeunes pousses surtout l’hiver !

    A bientôt

    Guillaume

  • bonjour,moi je marcher beaucoup dans les bois ,je suis tomber dessus un jour en hiver.j’ ai recuperé un de ses fruits je me suis renseigner et j ai eu un coup de foudre un jour j en est revu un chez des gens ou la j ai vu qu il ce plaisser par chez moi puisque j habiter a une trentaines de kilometres je n avais pas de place depui quelque mois j’ai de la place je me suis fait mon cadeau je m en suis acheter un je suis tres contente mais impatiente de manger ses premiere cormes que j adore

    • Bonjour Mora,
      Super d’avoir planté un cormier, c’est un très belle arbre qui mériterai d’être plus connu, la seule chose c’est qu’il faut être patient avant d’avoir des fruits 😉

  • j adore cet arbre je m en suis offert un

  • Ca y est mon cormier à été planté cet après-midi, j’espère qu’il va prendre

  • J’ai eu l’idée de planter un cormier car ma rue s’appelle rue des Cormiers, surement dû à un historique dans le secteur avec cet arbre.
    J’habite en Charente climat doux, en périphérie d’Angoulême (16), maintenant il n’y a plus qu’a être patient !

    • Bonjour Pascal,
      Bonne idée 😉 dans votre région le cormier se plaira très bien, il affectionne les régions calcaires au climat méridionale.
      Quelques arrosages et paillages les premières années puis vous n’aurez plus beaucoup à vous en occuper !
      A bientôt
      Guillaume

  • hier en me promenant,j’ai vu un jeune homme ramasser des fruits que je ne connaissais pas. Il m’a appris à connaître les cormes et il les ramassait pour faire de l’apéritif!? En continuant ma balade, j’en ai trouvé un autre dans une haie bocagère.

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