Comment s’y prendre pour faire un potager bio ?

Dans cet article nous allons aborder tout ce qu’il faut savoir pour créer un potager bio en permaculture.

 potagerLa première des choses est de choisir un terrain bien exposé (6 heures d’ensoleillement au minimum), si possible bien abrité et proche de votre lieu d’habitation.

Pensez à prévoir une clôture pour éviter que les animaux sauvages ne dévorent vos légumes !

Prévoir de l’eau à proximité, pour cela je vous conseille d’installer au minimum un récupérateur d’eau de pluie de 500L sur l’une de vos                                                                                                   gouttières.

Différentes techniques pour mettre rapidement en culture votre terrain

Première technique : la mise en place d’un épais paillage.

Si votre terrain n’est pas pierreux et qu’il n’y a pas de ronces il sera très facile de démarrer votre potager en mettant en place une couche de 20 cm de paille et de feuilles mortes. Quatre mois plus tard votre paillage se sera transformé en un compost très fertile idéal pour vos légumes.

L’idéal est de mettre en place ce paillage à l’automne sur un terrain bien tondu.

Les limites de cette technique est qu’elle n’est pas adaptée si votre terrain est très pierreux en surface.

Elle ne permet pas de mettre en culture plus de 50m2.

Pour moi c’est la technique idéale pour démarrer un petit potager sur un terrain déjà bien tondu et peu pierreux.

Deuxième technique : mettre en place une bâche sur le terrain.

potager

Si vous voulez démarrer un potager sur un terrain très pierreux où couvert de ronces, tondre et mettre un paillage épais ne suffira pas.

Dans ce cas après avoir bien débroussaillé au ras du sol votre terrain avec une débroussailleuse à lame je vous conseille de mettre en place des bâches.

Astuce : Si vous habitez à la campagne il est très facile de s’en procurer gratuitement chez les agriculteurs qui s’en débarrassent dès qu’elles sont un peu trouées.

En 4 à 6 mois la bâche aura eu pour effet de composter les ronces.

potager

L’avantage de cette méthode est que vous allez pouvoir commencer vos cultures au fur et à mesure sans être débordé.

Si votre terrain est pierreux il faudra le dépierrer, la bâche aura eu pour effet de garder l’humidité, cela vous facilitera le travail.

Sachez que c’est la seule fois dans l’histoire de votre potager où vous aurez à bêcher votre terrain.

Une pelle bêche sera l’idéal, je vous déconseille la fourche bêche dont le manche pourrait casser sous l’effet des pierres.

Aidez vous d’une pioche où d’une barre à mine pour enlever les pierres les plus grosses.

Avec cette technique vous pourrez mettre en culture des surfaces beaucoup plus grandes. En un an j’ai transformé un terrain de 300 m2 couvert de ronces en un superbe potager !

Mise en place des planches de culture

Ensuite, je vous conseille de faire des planches de culture d’1.20 m de largeur maximum en laissant des allées de 40 cm, comme ça vous pourrez accéder au centre de chaque planche sans avoir à marcher dedans.

L’idéal est de les délimiter par des petits rondins de bois, vous y verrez plus clair et il sera beaucoup plus agréable de jardiner dans votre potager.

Si votre sol est peu profond, avec une pelle récupérez de la terre dans vos allées, que vous mettrez sur vos planches.

Astuce : Paillez vos allées pour éviter que l’herbe ne pousse !

Une fois vos planches prêtes vous n’aurez plus qu’à mettre un paillage de 5 cm d’épaisseur pour ne pas laisser le sol à nu en attendant de cultiver vos premiers légumes.

Ne faites pas la même erreur que moi au début, pour économiser de l’espace j’avais conçu des planches beaucoup trop grandes avec des allées trop étroites. J’en suis vite revenu car c’était peu pratique et l’accès était difficile.

Quels outils pour votre potager ?

Pour démarrer un potager il vous faudra tout d’abord une bonne brouette qui est l’outil indispensable du jardinier.

Je vous conseille la marque Hammerlin qui est le seul fabriquant qui fait encore des brouettes de qualités.

Choisissez plutôt un modèle avec une roue increvable, c’est certes un peu plus cher mais beaucoup plus durable, comptez environ 60€ pour l’achat d’un modèle de ce type.

Pour l’outillage je vous conseille d’acquérir :

-Une fourche bêche (Pour la récolte des légumes racines)

-Une pelle bêche (Seulement pour planter vos fruitiers et pour épierrer vos terrains)

-Un plantoir (Pour repiquer vos plants)

-Un râteau (Pour ouvrir des sillons pour semer vos graines)

-Un ou deux arrosoirs.

-Une paire de gants.

-Un bon sécateur et une cisaille seront aussi indispensables.

-Si votre terrain est très compact (sol argileux) je vous conseille d’acquérir une grelinette mais grâce aux apports de paillages réguliers au fil du temps votre sol sera de moins en moins dur et vous n’aurez plus à vous en servir !

Astuce : Regardez sur Le Bon Coin il y a surement des outils de jardin d’occasion encore en bon état à vendre près de chez vous !

Privilégiez des outils de qualité si possible fabriqués en France, ils dureront plus longtemps.

Dans un prochain article j’aborderai les variétés de légumes et de petits fruits faciles à mettre en place quand on débute au potager.

Et vous, comment vous y êtes vous pris pour démarrer votre potager ?


Si vous avez des questions ou des suggestions sur comment créer un potager, n’hésitez pas à me laisser des commentaires, ça sera un plaisir pour moi de vous répondre !

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22 commentaires

  • bonjour pourquoi bio ! alors que « naturel » ou « sans produit chimique » serait plus intéressant, étant donner que bio autorise des produits chimique …

    c’est le terme bio que je trouve pas très clair sur se qu’il est réellement …

    sinon très bonnes explications

    • Merci pour votre commentaire !
      A l’origine le mouvement « bio » interdisait tous les produits chimiques,j’utilise le terme bio pour prouver qu’il est tout à fait possible de faire un potager sans aucun produits chimiques et pour montrer qu’un vrai bio est possible ! Pour moi le vrai bio est naturel !

    • Merci beaucoup pour cette précision

    • Gilles,

      Non, le bio n’autorise pas les produits chimiques ! Il faut arrêter avec ça…
      Le label AB repose justement sur l’interdiction de produits chimiques, tant au niveau de la fertilisation que de la protection contre les ravageurs et maladies (voir ici : http://www.agencebio.org/la-bio-un-mode-de-production-tres-reglemente)
      Il peut y avoir des dérogations très exceptionnelles si aucun produit naturel n’est efficace sur un ravageur ou une maladie obligatoire à combattre, mais personnellement, en tant que maraîcher bio, je n’ai jamais entendu parlé d’une telle dérogation dans mon domaine…
      Cordialement,
      Gilles

      • Bonjour Gilles,
        Je ne partage pas ton point de vue sur le bio pour moi le bio sous label AB a pris un tournant industriel, bon nombre de produits toxiques pour l’environnement comme le cuivre, le soufre, les pyrétrines ou l’huile paraffinique sont autorisés en bio et se retrouvent malheureusement aussi entre les mains de jardiniers amateurs.
        Il y a juste à regarder les phrases de risques au dos d’un paquet de bouillie bordelaise on peut y lire « dangereux pour les organismes aquatiques » et « toxique » c’est pour cela que je n’en utilise plus depuis longtemps.
        J’ai créé ce blog pour prouver qu’il est possible de faire un potager sans utiliser tous ces produits, pour le plus grand bien des hommes et de la nature !

        A bientôt Guillaume

        • Le label bio concerne les professionnels, pas les jardiniers amateurs… et si un jardinier ou un petit producteur comme moi peut en effet se passer de certains produits – qui sont naturels, bien qu’en effet nocifs – il n’en est pas forcément de même pour les gros producteurs bio… qui sont aussi indispensables pour répondre à une demande croissante en produits sains (en tout cas indemnes de produits chimiques).
          Or, à mon sens, mieux vaut du bio même industriel que du conventionnel, non ?
          Le label AB demeure la seule garantie, car contrôlé, de non utilisation de produits chimiques… les autres (permaculture, naturel…) sont des marques non contrôlées, et n’importe qui peut prétendre travailler en permaculture… et utiliser de la mort aux rats par exemple (et oui, ça existe…)

          • Bonjour Gilles,
            Les produits bio industriels vendus en grande surface ne devraient pas être vendus sous l’appellation bio, il ne faut pas oublier que les lobby industriels font tout pour que le label ab autorise le maximum de produits de traitements pour pouvoir faire du bio comme du conventionnel mais en le vendant plus cher !
            Ils sont parvenus à leur fin en 2009 en faisant adopter un nouveau cahier des charges bio européen qui a élargi les normes encadrant le bio.
            Pour être sûr d’avoir du vrai bio il vaut mieux acheter chez des petits producteurs locaux mais surtout pas en grande surface !

  • Pingback: Permaculture | Pearltrees

  • Pingback: Est-il vraiment utile de faire des buttes en permaculture ? | Jardins et nature

  • Bonjour,
    Juste une petite remarque à propos de l’outillage que tu recommande:
    bêche plate et fourche bêche !
    Je ne m’en sers plus depuis longtemps (la bêche plate c’est radical pour couper en 2 les vers de terre et ne sert qu’a retourner la terre donc sans intérêt. Par contre je me suis fabriqué une grelinette (20 euros de ferraille + 2 manches de bêche et j’ai un poste à souder). C’est un outils à recommander mais bien trop cher dans le commerce. Avant la grelinette j’utilisais une simple fourche a 4 dents (pour la paille) pour remuer légèrement la terre.
    A bientôt

  • Bonjour Soupouchoux,
    Très utile la grelinette pou ameublir un sol compact sans trop bouleverser son équilibre, c’est encore mieux si on la fabrique sois même !
    Je préconise la bêche plate que dans le cas où l’on veut mettre en culture un grande terrain pierreux, car lorsque les pierres affleurent en surface il n’est pas toujours évident de trouver suffisamment de compost pour obtenir une couche de 20 cm de sol humifère.
    Une fois le sol bien dépierrer il n’est plus question de le retourner, le seul outil dont je me sert est un râteau pour ouvrir des sillons pour semer mes graines, et une simple cuillère à soupe pour mes repiquages sous le paillage !
    La fourche bêche me sert que pour la récolte des légumes racines !

  • Bonjour, tout d’abord merci pour ton site qui est très bien fait et agréable à parcourir. J’ai également apprécié la discussion avec Gilles (que je suis depuis longtemps) au sujet des produits « bio » du commerce. Je suis aussi d’avis qu’on peut vraiment se passer de tout ça, c’est un business de plus…
    J’ai une question sur le paillage et les semences : j’ai pour projet de tout pailler mais on fait comment avec les petites graines (salades, carottes…). Tu en sèmes plein et tu récupère ce qui vient ou…
    Si tu as des tuyaux.
    Bonne continuation

    • Bonjour vincent,
      Cool si mon blog te plaît, ça me fait très plaisir de partager ma passion du jardinage bio !
      Pour semer les graines fines, je te conseille d’écarter le paillage présent et de semer de manière classique.
      Le semis et la plantation sous paillages sont adaptées pour les grosses graines, pour les pommes de terre et pour tous les repiquages.
      Bonne continuation à toi aussi

  • Bonjour GUILLAUME,
    je pratique aussi la technique de la toile pour démarrer un potager ou préparer une surface afin d’y cultiver des légumes. C’est très efficace et cela permet de ne pas bouleverser le sol n’y tout ses habitants qui travaillent pour nous et nos futurs légumes. Si la végétation n ‘est pas trop résistante un bon mulch bien épais est tout aussi efficace…
    Mais comme je le disais tout à l ‘heure sur le site de Gilles, gros bémol, je rencontre des difficultés car bien souvent lorsque je retire ma ou mes toiles ou mon mulch ,mon sol est désherbé certes ,et meuble, mais il est aussi criblé de galeries de campagnols… Le retrait de la toile aussi soudainement semble les déranger quelques temps mais lorsque je paille mes cultures quelques jours ou quelques mois plus tard, tout est à nouveau envahis par ces chers petits rongeurs à qui j’ai donc offert le gite et le couvert!
    Je me retrouve donc dans la situation très embarrassante de laisser le sol nu afin d’avoir la paix et de récolter des légumes ou de pailler mon sol dans le but d’un paillage permanent mais de subir d’importantes pertes.
    Il existe quelques possibilités pour essayer d’éviter ce type de phénomène mais elles semblent confirmer hélas les limites d’un couvert permanent dont les bienfaits sont si bénéfique.
    J’ose espérer que la population de campagnols présente chez moi se régulera naturellement car leurs prédateurs s’en régalent régulièrement mais la capacité d ‘adaptation et leur rythme de reproduction sont pour le moins inquiétants !
    As tu déjà rencontré ce problème?
    Salutations et bravo pour ton site.

  • Bonjour Krystoff,

    Merci pour tes compliments 🙂
    Effectivement la présence de paillages malgré les bénéfices importants qu’ils apportent au potager, peuvent avoir tendance à favoriser les populations de campagnols.
    En Bretagne il n’y a pas de rat taupier (le plus vorace des campagnols), j’ai juste quelques dégâts causés par le campagnol des champs mais rien de bien méchant.
    Les prédateurs naturels du rat taupier sont le renard et le busard, s’ils ne sont pas présents en nombre suffisant ton potager risque vite d’être envahit par les rats taupiers.
    Seul le piégeage permettra de limiter les dégâts, pour cela je te conseille un modèle de piège très efficace et écologique. http://www.piege-a-taupe.com/specialiste_piege_campagnol.asp

    A bientôt

    Guillaume

  • Merci pour ta réponse et pour l ‘info sur le piège je ne connaissais pas ce modèle.
    bonne saison!

  • Bonjour
    Nous demarrons en retard et souhaitons commencer notre jardin sur une parcelle de terrain actuellement occupee par de la pelouse .
    Quels conseils de preparation de terrain si nous voulons commencer maintenant ( debut fevrier 2017 ) ?
    Merci pour vos conseils

  • Bonjour,
    Le jardin de l’appartement où nous venons d’arriver est tout en herbe ( pissenlits, plantain, raygrass….)
    Nous souhaitons y faire un potager. Nous sommes mi-avril, notre idée est de toujours pailler, alors retourner tout ne nous plaît pas.
    Notre idée est de pailler la surface en herbe avec l’herbe tondue, de la paille pour planter dedans. Le travail du sol se fera et en même temps le potager donnera des légumes . Pensez-vous que c’est judicieux cette approche? (Respect du sol et qualité des légumes )
    Merci pour votre réponse .
    Caro et Jb

    • Bonjour Caro,
      Bonne idée de démarrer un potager 😉
      Il vous suffira de mettre une couche épaisse de matière organique (tonte, foin, feuilles mortes, broyats etc.) puis d’attendre deux trois mois avant de repiquer. L’année prochaine vous pourrez semer directement, l’herbe se sera transformer en un riche humus.
      A bientôt
      Guillaume

  • Sabrina Cantin

    Quelle doit être l orientation des planches Nord Sud ou ouest est, et leur longueur ? Merci

    • Bonjour Sabrina,
      L’orientation des planches à peu d’importance, le plus important est de suivre les courbes de niveaux pour éviter l’érosion.
      Pour la longueur je vous conseille de ne pas dépasser 8 m.
      A bientôt
      Guillaume

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